Journal de Nono

Vécu

Mon anniversaire est passé.
C’était cette semaine, et ça m’a plus déprimée qu’autre chose.
En ayant ma mère au tél, je me serais crue dans une mauvaise série B, elle me parlait, bourrée, sur le ton du drame, emportée dans son délire de victime éternelle.
Et puis elle s’est mise à imaginer ma vie, "passe une bonne soirée en compagnie de tes amis", j’lui ai jamais dit que je voyais des amis, ou bien "je te souhaite tout le bonheur du monde", ah bon tu me connais ? tu connais mon état intérieur ? Je l’ai laissé parler, de peur de créer des problèmes si je lui disais ce que je ressens.
Il va falloir que je lui dise que je veux plus subir ses délires de femme alcoolique.
J’ai beau fuir, elle me rattrape toujours.
Me tirant vers le bas, vers l’angoisse, le désespoir, la déprime, l’envie de lui dire d’aller se faire f**tre, qu’elle ne me connait pas. Cette angoisse me pousse à trop manger, pour me rassurer, parce que ma mère sobre n’existe plus.
Mon anniversaire m’a rappelé tout ça. Alors non ça ne m’a pas fait plaisir.

Je. va venir habiter chez moi.
Je ne suis pas sûre que ça soit une bonne idée. Mais je ne supporte plus la solitude. Alors je prends le risque.
Je ne suis pas sûre de mes sentiments pour lui. Pourtant j’adore passer du temps avec.
Seul l’avenir me dira si c’était une bonne idée ou non.
Au pire, j’aurais vécu.